Micro-entreprise : la simplicité, avec des limites
La micro-entreprise reste le point de départ le plus simple : immatriculation gratuite et rapide, comptabilité réduite à un livre des recettes, cotisations calculées automatiquement sur le chiffre d'affaires encaissé. Sa limite principale : aucune charge réelle n'est déductible, seulement un abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité). Si vos charges professionnelles réelles dépassent cet abattement, vous payez des impôts et cotisations sur un bénéfice que vous n'avez pas vraiment réalisé.
Les plafonds de chiffre d'affaires (83 600 € pour les services, 203 100 € pour la vente en 2026) et le seuil de franchise en base de TVA (37 500 € pour les services, 85 000 € pour la vente) sont les deux signaux qui indiquent qu'il est temps de reconsidérer son statut.
EURL : la déduction des charges réelles
L'EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) permet de déduire l'ensemble des charges réelles du bénéfice imposable : matériel, local, sous-traitance, déplacements. Le gérant associé unique reste travailleur non salarié (TNS), avec des cotisations sociales plus élevées en proportion qu'en micro-entreprise, mais assises sur le bénéfice réel et non sur le chiffre d'affaires brut. C'est souvent le bon compromis quand l'activité génère des charges significatives sans nécessiter la structure plus coûteuse d'une SASU.
SASU : protection sociale et évolutivité
La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) place son président sous le régime assimilé salarié : une protection sociale proche de celle d'un salarié classique (hors assurance chômage), au prix de cotisations sociales plus élevées — souvent 55 à 65 % de la rémunération nette versée. Elle offre aussi la structure la plus simple à faire évoluer : transformation en SAS multi-associés, entrée d'investisseurs, distribution de dividendes non soumis aux cotisations sociales (mais à la flat tax).
Comment trancher concrètement
Trois questions suffisent la plupart du temps. Vos charges réelles dépassent-elles l'abattement forfaitaire de la micro-entreprise ? Si oui, EURL ou SASU deviennent pertinentes. Votre chiffre d'affaires prévisionnel dépasse-t-il ou approche-t-il les seuils de la micro-entreprise ? Si oui, anticipez la bascule plutôt que de la subir. Votre priorité est-elle la protection sociale et l'évolutivité, ou la simplicité et un coût de cotisations minimal ? La réponse oriente entre SASU et EURL.
Questions fréquentes
Quelle est la différence principale entre micro-entreprise et EURL ?
En micro-entreprise, cotisations et impôt se calculent sur le CA encaissé sans déduire les charges réelles. En EURL, l'imposition porte sur le bénéfice réel, avantageux dès que les charges professionnelles sont significatives.
Pourquoi choisir une SASU plutôt qu'une EURL ?
La SASU offre le régime assimilé salarié (meilleure protection sociale, hors chômage), contre le régime TNS moins protecteur mais moins coûteux de l'EURL. Elle facilite aussi l'entrée d'associés.
Quels sont les seuils de chiffre d'affaires de la micro-entreprise en 2026 ?
203 100 € pour la vente et l'hébergement, 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales.
Sources officielles
- → Service-Public.fr — Franchise en base de TVA
- → Service-Public.fr — Régime fiscal de la micro-entreprise
- → Bpifrance Création — Comparatif des statuts juridiques
Dernière vérification des seuils : juillet 2026. Une réduction du seuil de franchise TVA à 37 500 € uniformisé est à l'étude dans le cadre du budget 2026 — à confirmer selon l'évolution du texte.
Ce comparateur fournit une orientation générale, pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Le choix d'un statut dépend de nombreux facteurs propres à votre situation (patrimoine, régime matrimonial, projets d'association). Consultez un expert-comptable ou un CFE avant de vous engager. Toisy est un site indépendant.